La "forme connectée" se répand avec des dispositifs permettant de mesurer pas, calories et poids. Un juste milieu à préserver ?
Parmi les applications de santé les plus populaires, Withings se démarque avec sa balance connectée, qui envoie nos variations de poids via WiFi ou Bluetooth. Quoique cet outil soit encensé par certains comme indispensable pour atteindre un corps idéal, d'autres y voient un gadget potentiellement nuisible. Alors, la balance connectée est-elle notre alliée ou notre ennemie ?
Un impact psychologique sur le long terme
Après un lancement prometteur aux États-Unis, cette innovation s'impose de plus en plus en France. Les créateurs de Withings affirment que leur appareil induit une "stabilisation de poids" grâce à un "micro impact psychologique permanent". Jean-François Kitten, leur porte-parole, note que ceux qui suivent assidûment leur poids tendent à être plus minces. Camille, une jeune mère de 27 ans, témoigne des bénéfices qu'elle a tirés de cet outil. Elle a réussi à stabiliser son poids après des fluctuations dues à sa grossesse et trouve le suivi de sa courbe plus qu'utile. Pour elle, cette balance est devenue un véritable outil de régulation.
Une technologie à double tranchant
Des chercheurs de l'Université de Cornell soulignent que l'accès constant à ces données favorise une meilleure gestion du poids. Leur étude révèle que celles qui utilisent régulièrement une balance connectée n'ont pas pris de poids, en comparaison avec la majorité des étudiantes qui en prennent. Cependant, des experts comme le médecin nutritionniste Jean-Michel Cohen remettent en question l'engouement pour ces gadgets, les qualifiant de solutions limitées, souvent prisées par les passionnés de compétition. Sara Watson, une chercheuse à Oxford, met en garde contre les dangers d'une culture obsessionnelle du corps, où le partage des données devient un moyen d'affirmer sa valeur sociale.
Risques de dépendance et d'obsession
Des expériences vécues d'utilisateurs montrent que la balance peut rapidement devenir invasive. Marie-Françoise, une femme de 45 ans, raconte comment cet outil a façonné une obsession maladive, à tel point qu'elle surveillait chaque variation après chaque repas. Son mari a dû intervenir en détruisant la balance. Selon le Dr Cohen, cette technologie peut souvent exacerber les troubles de l'image corporelle, notamment chez les personnes sensibles. À l’heure actuelle, bien que prometteuse, cette innovation semble nécessiter une approche plus réfléchie et un encadrement adapté. Nous devons nous demander : quand aura-t-on une balance qui prend aussi en compte l'état psychologique de ses utilisateurs ?







