Les dates de péremption, souvent mal interprétées, représentent presque 20 % du gaspillage alimentaire. C'est ce que révèle un rapport de l'association France nature environnement (FNE) en collaboration avec l'application Too Good To Go. Faisons le point.
Une date mentionnée comme "À consommer de préférence avant le : 15 octobre 2018" entraîne souvent un réflexe inutile : la poubelle. On jette des produits encore consommables, contribuant ainsi au gaspillage. Cette méprise soulève des questions essentielles.
Différencier les dates pour mieux agir
Pour mieux appréhender les informations sur les emballages, il est crucial de distinguer la DLC (Date Limite de Consommation) de la DDM (Date de Durabilité Minimale). Selon Jean-Charles Catteau, expert en pratiques agricoles, "la DDM n'évoque pas des risques pour la santé, mais concerne simplement l'état sensoriel du produit". Cependant, cette nuance est souvent ignorée dans les cuisines françaises.
Des initiatives pour sensibiliser
L'application Too Good To Go, qui propose des paniers d'aliments invendus, lance la pétition #changetadate. Celle-ci incite l'industrie alimentaire à préciser que des produits peuvent encore être consommés après leur DDM. "Nous voulons ajouter des mentions comme 'mais toujours bon après'", explique Lucie Basch, fondatrice de la start-up.
De son côté, Carrefour a répondu à cette initiative en annonçant l'ajout de mentions explicatives sur ses emballages pour clarifier la compréhension des dates de péremption. Durant une campagne, le distributeur a proposé plusieurs formulations, telles que "pour une dégustation optimale !".
Engagement vers un changement durable
Carrefour a également distribué 106 millions de repas à des banques alimentaires en 2017, tandis qu'Auchan a donné 22,8 millions de repas. Ces chiffres témoignent de leur engagement à réduire le gaspillage. Béatrice Javary d'Auchan souligne l'importance de reformuler les dates : "Chaque geste compte, et une meilleure communication est essentielle pour les consommateurs".
À l'échelle européenne, un changement législatif serait nécessaire pour normaliser cette terminologie. Pour l'instant, ces initiatives d'entreprises sont un bon début. Jean-Charles Catteau appelle à une évolution douce de la chaîne alimentaire pour faciliter cette transition vers une consommation plus responsable.







