Marre des postures hygiénistes, vive la grande bouffe !
Graines germées, algues, tisanes... la détox est peut-être devenue une contrainte ! Et si on redécouvrait le plaisir de bien manger ? La tendance du moment s’invite à notre table : la retox. Se faire plaisir n’a jamais été aussi naturel.
Vous vous lassez de cette eau chaude citronnée matinale ? Vos pensées vagabondent vers un bon vieux steak-frites comme autrefois ? Et ce café-Coca-Bounty, un pur bonheur ? Si c'est le cas, vous êtes probablement victime d'une « crise de retox » ! Est-ce grave ? Pas du tout, bien au contraire ! Cette tendance, à la fois émergente et audacieuse, consiste à réintroduire avec gourmandise tous ces délices jugés interdits. Des saucissons aux fraises Tagada, en passant par les bonnes tranches de pain blanc et les grasse matinées bien méritées. Exit le yoga matinal dans une pièce glaciale !
Retour des plaisirs gustatifs
Fatigués des bouillons fades et des purges ? La détox a pris une tournure tellement moralisatrice qu'il est temps de faire place à cette révolte. Après les excès de fin d'année, on a frôlé l'overdose de remontrances dans les journaux. Tout le monde semble maintenant condamner les plaisirs : gras, sucrés et excitants sont à proscrire, accompagnés de la morale de l'activité physique quotidienne.
Selon le sociologue Dominique Cuvillier, cette obsession du bien-être reflète une montée du moralisme et de l'hygiénisme dans nos vies. Les citadins influencés cherchent à se purifier physiquement et mentalement par des pratiques discutables. Les premières voix qui osent s’insurger contre cette tyranny du bien-être apparaissent ; même Lady Gaga a pris position en débarquant aux MTV Music Awards vêtue d'une robe steak. Des acteurs, comme Zach Galifianakis, et des musiciens, comme Benjamin Biolay, ne manquent pas de séduire avec leurs formes voluptueuses, tout comme les Chaps, ces dandys anglais en quête de plaisir. Leur manifeste, Petit Traité d'une vie extravagante, prône une existence pleinement vivante !
Un acte de résistance : le steak-frites
Revisité sous un nouveau jour, le steak-frites est devenu un symbole de la résistance contre les tendances végétaristes. Au lieu de tomber dans la culpabilité, on célèbre la viande, la véritable, qui renoue avec la tradition. Polyvalente, la gastronomie carnée attire les foules. D’ailleurs, les bouchers sont devenus des vedettes au premier plan, comme Hugo Desnoyer et Yves-Marie Le Bourdonnec, reines des cuisines contemporaines. Même le chef Jamie Oliver, habituellement associé à une cuisine légère, a ouvert un temple à Londres dédié aux viandes grillées !
Ce phénomène ne se limite pas à la viande. Les bar-clubs parisiens comme Le Pompon et le café Germain accueillent à nouveau ceux qui apprécient le tabac dans des lieux élégants, évoquant un certain goût de liberté. Contrarié par une législation oppressive, ce retour à des plaisirs oubliés rappelle les temps où fumer n'était pas considéré comme un tabou. Et si cette forme d'anarchie culinaire et sociale est un appel à savourer les plaisirs simples, elle incarne également une volonté de revendiquer la liberté face à un hygiénisme de plus en plus pesant.
Le futur de la retox semble prometteur, avec une génération avide de goûter aux plaisirs de la vie. Ce mouvement pourrait toucher une part grandissante de la population, désireuse de rompre avec des valeurs trop contraignantes. En somme, la retox, au-delà de sa frivolité apparente, est une véritable déclaration d’indépendance face à un quotidien trop réglementé.







