Pour partager origines et identités, les mets se révèlent souvent plus utiles que les mots.
La cuisine peut-elle vraiment être un antidote à la solitude ? De plus en plus d'initiatives innovantes allient gastronomie et partage des cultures. Par exemple, l'association Le Recho s'apprête à ouvrir un restaurant solidaire dans le XVIe arrondissement de Paris. Ce projet mettra à l'honneur les recettes des résidents de la caserne Exelmans, un nouveau centre d'hébergement d'urgence.
La table, un espace de paix et d'égalité
Depuis 2016, le Refugee Food Festival invite des chefs réfugiés à partager leur savoir-faire culinaire dans divers restaurants. Cela démontre que la table peut être un espace de paix et d'égalité, même si les dîners familiaux peuvent parfois en témoigner autrement. Au Liban, Kamal Mouzawak et l'ONG Make Food Not War rassemblent des communautés à travers la cuisine. À Toronto, le projet Newcomer Kitchen offre à des femmes réfugiées syriennes l'opportunité de cuisiner ensemble, redécouvrant ainsi leur identité culinaire. Alexis Jenni, auteur de l'ouvrage Femmes d'ici, cuisines d'ailleurs, témoigne de la force des récits personnels révélés à travers des plats traditionnels, transformant des souvenirs d'exil en cuisine.
Lutter contre la solitude à travers les recettes familiales
Préparer un plat traditionnel comme un mafé ou un bœuf-carotte, c'est souvent une façon de partager ses racines. Grandmas Project, une série collaborative depuis 2013, permet à des grand-mères du monde entier de dévoiler leurs secrets culinaires, reliant ainsi des générations à travers des recettes et des histoires personnelles. Camille Labro, dans Affaires de goût, évoque comment une recette familiale est le fil conducteur d'une histoire familiale, culturelle et régionale. À une époque où les recettes se trouvent sur Internet, la cuisine authentique peut-elle être un moyen de briser la solitude et de surmonter la peur de l'autre ?







