Une récente enquête menée par 60 millions de consommateurs a révélé une disparité préoccupante entre les jambons blancs contenant des nitrites et ceux qui n’en ont pas. Il s’avère que les options sans nitrites sont souvent bien plus onéreuses, posant ainsi des questions sur les enjeux de santé.
Les nitrites, utilisés largement comme conservateurs par l'industrie agro-alimentaire, sont bien connus des consommateurs. Ces additifs, identifiables grâce aux codes E249, E251, E252 et E250, se retrouvent principalement dans des produits populaires comme le jambon.
Un enjeu de santé publique
Scientifiquement, les nitrites sont reconnus comme nocifs pour la santé. Selon Emmanuel Ricard, porte-parole de la Ligue contre le cancer : "Ils sont directement impliqués dans... les cancers de l'estomac et colorectal, avec plus de 4000 nouveaux cas chaque année attribués aux charcuteries". En outre, des études suggèrent également un lien possible avec d'autres types de cancers, comme ceux du sein et de la prostate, même si les preuves sont moins établies.
Des prix en hausse pour une meilleure santé
Face à ces risques sanitaires, il est donc conseillé de sélectionner des jambons étiquetés "sans nitrites". Cependant, ces derniers affichent des prix nettement plus élevés. En effet, selon l'étude, un consommateur doit s'attendre à payer 20 % de plus chez E. Leclerc et jusqu'à 65 % supplémentaires chez Auchan pour un jambon sans nitrites de la même marque. Un exemple frappant : le jambon "sans nitrites" Le Bon Paris de Herta est vendu 77 % plus cher que son homologue contenant des nitrites!
Cette situation accroît les inégalités. Des associations comme Foodwatch et la Ligue contre le cancer pointent du doigt un écart grandissant : "Entre ceux qui peuvent se permettre d’acheter de la charcuterie sans nitrite et les populations plus modestes, ce sont ces dernières qui souffrent et qui sont les plus vulnérables face à ces risques de cancer."







